La Grande Guerre à connue les toutes premières attaques aux gaz de l'Histoire. Différentes sortes ont été employées, du simple gaz lacrymogène relativement bénin, jusqu'aux mortels phosgène, diclore, et gaz moutarde. Cependant les capacités de ces nouvelles armes chimiques, ont été limitées, causant la mort de 4% des soldats, contrairement aux autres armes. Les lacrymogènes furent utlisés dès 1914, tout d'abord par les Français avec des grenades chargés en gaz irritant, puis par les Allemands avec des obus lacrymogènes, notamment contre les positions britanniques à Neuve-Chapelle, mais celà n'influença pas le cours de la bataille.

  Le 22 avril 1915 dans le secteur d'Ypres, deux divisions françaises sont placées en couverture des forces canadiennes de la 1ere division qui est arrivée depuis cinq jours. Le 20 avril les Allemands bombardent la ville d'Ypres, la IVe armée prépare ce qui sera appelé "la deuxième bataille d'Ypres". Le 22 avril les troupes allemandes disposent face aux tranchées alliées près de 6 000 bonbonnes d'acier renfermant du chlore. Ce sera la première attaque chimique massive de la guerre,  jusque-là les béligérents s'étaient essayés à des essais à petites échelles, qui n'avaient pas eut les effets escomptés. Ce 22 avril lorsque les bobonnes sont ouvertes, le vent aide à la dispersion des 180 tonnes de chlore. Les soldats voient arriver sur eux des nappes verdatres, c'est la panique, les Français qui ne disposent pas de moyens de protections efficaces refluent en arrière, laissant ainsi une brèche de 8 kilomètres de long dans la ligne de front. Les canadiens devront se redéployer à la hâte dans la nuit pour la combler. Le lendemain  c'est les troupes belges qui doivent faire face à une attaque aux gaz toxiques et le 24 les Allemands vont libérer encore des nuages de chlore avant leur offensive sur la saillant d'Ypres. Leur attaque se concentre sur Saint Julien tenue par la 1ere division canadienne qui improvise des protections de fortunes à l'aide de mouchoirs imbibés d'eau ou d'urine. Les troupes canadiennes parviennent à empêcher toute progession allemande, le 4 mai elles seront relevées par des troupes britanniques, indiennes et françaises.

  Les soldats portent des petites lunettes rondes et un mouchoir humide sur le visage. Un tampon de ouate y est ajouté pour stopper le chlore. Au fil du temps les masques évoluent pour aboutir au célèbre "groin de cochon". En parallèle les gaz toxiques évoluent aussi, ainsi les zones de peau non-couvertes brûlent au contact de l'ypérite ou gaz moutarde. ce produit sera envoyé à l'aide d'obus pour éviter les retours nocifs en cas de changement du sens du vent. Les années d'après-guerre seront marquées par la mort de beaucoup de soldats qui auront été exposés aux gaz, crachant leurs poumons brûlés, d'autres deviennent aveugles et meurent à petit-feu.

 

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Pendant la Première Guerre une attaque chimique utilisant des conteneurs cylindriques.

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Des "poilus" français portant des masques à gaz rudimentaires. (rts.ch)

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Dans les premières années de la guerre, les moyens de protections ne sont pas encore au point.

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Troupes allemandes portant des masques à gaz plus évolués, même les chiens en sont munis. (Bundesarchiv)

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Une colonne de blessés britanniques, victimes d'un bombardement au gaz toxiques, beaucoup seront rendus aveugles. (Imperial War Museum)