Lors de la conférence interalliée de l'Entente à Chantilly les 6 et 7 décembre 1915, il est décidé d'attaquer les Empires centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie, Empire Ottoman et Bulgarie) sur tous les fronts, durant l'année 1916, en Russie, en Italie et sur le front de l'Ouest. Bien qu'aucune date n'est encore définie, il est plus probabale qu'il faille attendre l'été (juin ou juillet) pour espérer une participation des Russes. Le général Joffre qui vient d'être nommé chef de l'armée française début décembre 1915, obtient lors de négociations bilatérales la mise en oeuvre d'une offensive conjointe franco-britannique. Les lignes françaises rejoignent celles des Anglais sur la Somme, c'est donc ce secteur qui est désigné.

  En 1916, l'armée britannique en France manque cruellement d'expérience, entre 1914 et 1915, elle à perdu six divisions. La plus grande partie de ses effectifs est composées de volontaires des forces territoriales ainsi que de la nouvelle armée de lord Kitchener. Promus trop rapidement, les officiers manquent de formation et d'expérience. Le général Douglas Haig, commandant le corps expéditionnaire britannique en France, assure à Joffre son entière coopération, mais il souligne l'indépendance du corps britannique, le commandement n'est donc pas unifié. Joffre décide que l'armée française devra fournir le plus gros effort au sud de la Somme appuyée par le corps expéditionnaire britannique moins aguérri entre la Somme et Arras. Il désigne également le général Ferdinand Foch commandant du Groupe d'armée Nord, responsable de l'opération. La date du 1er juillet 1916 est fixée, après une dernière conférence à Chantilly le 14 février.

  Cependant les plans vont être contrariés, lorsque que les Allemands lancent l'offensive sur Verdun le 21 février 1916. Malgré l'aide proposée par Haig, Joffre décide que l'armée française peut faire face seule sans cet appui. Au printemps les choses ne s'arrangent pas, les combats dans le secteur de Verdun, grignotent les troupes françaises prévues pour la Somme. Fin mai 1916 le dispositif français est réduit au point où l'armée britannique devient l'élément principal de l'offensive. Le front d'attaque prévu sur 70 km et finalement ramené à 40 km, au lieu d'une percée décisive, l'opération aura pour but d'user l'ennemi. Les Anglais devront se lancer au nord du fleuve de Maricourt à Bapaume, tandis que les Français seront chargés de la partie sud de Maricourt à Lassigny, les troupes françaises se retrouvent placées sur les deux rives du fleuve. La date du 24 juin est adoptée pour le début du tir d'artillerie, tandis que l'assaut est maintenu pour le 1er juillet. Du côté allemand, l'état-major attendait une offensive alliée sur l'Artois ou en Alsace, et prend les préparatifs pour une simple diversion, von Falkenhayn ne prend aucune décisions particulières.

  Les Allemands occupaient les hauteurs de la ligne des crêtes qui séparent les bassins versants de la Somme et de l'Escaut, les positions étaient très bien aménagées. Le dispositif de défence comportait tout d'abord une première forte position avec des tranchées de première ligne d'appui et de réserve ainsi qu'un labyrinthe d'abris profonds avec par ailleurs tout le confort moderne. Venait ensuite une deuxième ligne intermédiaire moins forte protégeant les batteries de campagne, puis à l'arrière imédiat des premières lignes on retrouve des bois et des villages "fortifiés" reliés par des boyaux formant trois ou quatre lignes de défense, le tout largement bétonné, bénéficiant des qualités de la roche crayeuse picarde qui se coupe facilement et durcit en séchant. Du côtés des Alliés les Anglais étaient positionnés au nord du fleuve tandis que les Français occupaient les deux rives et faisant sa jonction avec les Britanniques sur la rive gauche. L'arrière avait été considérablement transformé pour les armées alliées en un immense centre d'approvisionnempents dont la ville d'Amiens était le centre névralgique. des routes et des chemins de fers supplémentaires furent créés, des aérodromes seront construits de même ques des usines d'aéronefs et des hopitaux qui s'installeront dans des établissement scolaires d'Amiens et de ses environs. Dans la commune de Noyelles sur Mer, les Brtianniques vont fonder un camp pour des travailleurs chinois, chargés des tâches de manutentions d'armes, de matériels et de ravitaillement pour l'armée anglaise. Jusqu'en 1921, trois mille chinois vécurent dans la commune. Dans les territoires qu'ils occupaient, les Allemands faisaient régner la terreur, déportation de population, réquisitions en argent et en nature, pillages et destructions étaient monaie courante.

  Pour les Alliés l'ordre de bataille comportait: France: Groupe d'Armée Nord sous les ordres de Foch, la VIe armée, commandée par le général Emile Fayolle, avec trois corps d'armées, et la Xe armée (général Micheler) avec cinq corps d'armées. Soit un total de quatorze divisions en ligne, quatre de réserve et quatre de cavalerie sur un front de 15 kilomètres. L'artillerie alignait 696 pièces de campagne, 732 pièces lourdes, 122 pièces d'artillerie lourde à grande puissance et 1 100 mortiers de tranchée, avec un approvisionnement de six millions d'obus de 75mm, deux millions de munitions pour l'artillerie lourde et 400 000 pour les pièces de tranchées. Grande-Bretagne: La IIIe armée (général Edmund Allenby) avec un corps d'armée, la IVe armée (général Henry Rawlinson) avec cinq corps, L'armée de réserve (général Hubert Grough) composée de trois divisions d'infanterie et trois de cavalerie. Les forces britanniques comportent un total de 26 divisions en ligne et trois de cavalerie sur un front de 25 kilomètres, appuyées par 868 pièces de campagne et 467 pièces lourdes. Les unités engagées pour cette opération se composaient de troupes anglaises, écossaises, galloises, irlandaises, canadiennes, australiennes, néo-zelandaises et Sud-Africaines. En face les troupes allemandes sont composées de la 2e armée du général Fritz von Below, appuyée par trois groupements, soit un total de huit divisions de ligne et treize de réserve. L'artillerie dispose 454 canons de campagne et 390 lourds, quant à l'aviation elle aligne 129 appareils contre les 300 des franco-britanniques.

  Le 24 juin la préparation d'artillerie débute, commençant par des tirs de réglages et de destructions. A partir du 26 juin les premières lignes allemandes sont entièrement détruites par un pilonnage intensif, mais les abris sous-terrains où sont rassemblées les troupes tiennent bon et sont quasiment intacts.

 

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Douglas Haig (1861 - 1928) commandant le corps expéditionnaire britannique.

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Général Ferdinand Foch (1851 - 1929) chargé par Joffre de mener l'offensive. (ac-toulouse.fr)

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Général Fritz von Below (1853 - 1918) commandant la 2e armée allemande.

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Général Marie-Emile Fayolle (1852 - 1928) commandant la VIe armée française.

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Les généraux Micheler à gauche et Marchand en octobre 1915.

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Général Edmund Henry Hynman Allenby (1861 - 1936) Commandant la IIIe armée britannique.

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Sir Henry Rawlinson commandant la IVe British Army.

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Sir Hubert de la Poer Gough, commandant l'armée de réserve.

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Chargement d'un canon de quinze pouces britannique. (Castle, William Ivor (Lieutenant) Canadian official photographer / IWM)

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Canons lourds de 8 pouces de la 39th Siege Battery / Royal Garrison Artillery pendant la bataille de la Somme. (John Warwick Brooke / Imperial War Museums)

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L'as français Georges Guynemer de l'escadrille des Cigognes (1894 - 1917), blessé pendant la bataille de Verdun il paticipera aux combats aériens au-dessus de la Somme à partir de juin 1916.  Le 11 septembre 1917, son SPAD XIII ne rentre pas de mission, il est abattu alors qu'il attaquait un avion d'observation allemand au-dessus de Langemark-Poelkapelle en Belgique.  c'est les Allemands qui ont retrouvé son corps dans l'épave de son appareil, il est enterré par l'ennemi à Bruxelles, avec les honneurs militaires rendus par la garde prussienne.

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Lieutenant Alfred Heurtaux, en juin 1916 il est muté dans l'escadrille des Cigognes où il va cotoyer Georges Guynemer et René Fonck. Le 25 novembre 1916 au-dessus de Villers-Carbonnel (Somme) il abat l'as allemand Kurt Wintgens (18 victoires). Par la suite il devra quitter l'escadrille et le front après avoir été blessé deux fois. Ses blessures lui font quitter l'armée en 1919 au grade de capitaine totalisant 21 victoires et 13 probables il est un des As des As de l'armée de l'air française. Il reprend du service en 1936 nommé lieutenant-colonel, au Grand quartier général de l'air en tant qu'inspecteur de l'aviation de chasse. Démobilisé après la défaite de 1940, Alfred Heurtaux passera dans la Résistance, arrété le 3 novembre 1941 il est envoyé en Allemagne où il va passer 37 mois dans differentes prisons. Le 13 mars 1945 Heurtaux est finalement transféré au camp de concentration de Buchenwald, mais libéré par les Alliés le moi suivant. Rentré en France il est nommé général de brigade en décembre 1945 et fait compagnon de la Libération, redevenu civil Alfred Heurtaux exercera le métier d'ingénieur-conseil. En janvier 1956 il est nommé grand croix de la Légion d'honneur. Alfred Heurtaux meurt le 30 décembre 1985 à 92 ans.