Henri-Alban Fournier de son véritable non est né lé 3 octobre 1886 à La  Chapelle d'Angillon dans le département du Cher. Ses parents sont tous les deux instituteurs, il passe ses cinq premières années à Marçaix où sont père vient d'être muté. A douze ans il veut devenir marin pour voyager, il convainc ses parents d'aller à Brest pour pouvoir préparer le concours d'admission à l'Ecole navale. Mais abandonne au bout de quinze mois, l'expérience est trop rude. il retourne dans son Cher natal et prépare le baccalauréat au lycée de Bourges, qu"il réussit en 1903 sans mention. Il poursuit ses études au Lycée Lakanal à Sceaux. Il y fera la connaissance de Jacques Rivière avec qui il va entretenir une solide amitiée. Rivière épousera plus tard Isabelle la soeur cadette d'Henri. Il continue au lycée Louis-le-Grand de Paris pour préparer le concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure.

  A dix-huit ans il rencontre une grande et belle femme en sortant d'une exposition de peinture du Grand Palais, il tombe sous le charme. les deux jeunes gens échangent quelques mots. Il s'agit de Yvonne de Quiévrecourt, mais la jeune femme doit épouser l'année suivante un medecin de la marine.Bouleversé par cette brève rencontre Henri ne cessera huit années durant de penser à elle. C'est en y pensant qu'il va créer le personnage de Yvonne de Galais dans Le Grand Meaulnes. En juillet 1907, il effectue son service militaire, tout d'abord à Vincennes et dans diverses casernes de Paris, Vanves et Laval.puis en tant que sous-lieutenant de réserve au 88e régiment d'infanterie de Mirandes dans le Gers. Il est libéré à l'automne 1909 il ne reprend pas ses études, mais entre comme chroniqueur littéraire à Paris-Journal. Sous le pseudonymme d'Alain Fournier il publie des contes, des essais et des poèmes dont certains obtiennent quelques succès. Il travaille également sur le projet d'un roman qu'il élabore lentement, ce sera Le Grand Meaulnes qui parait en 1913 et sera unanimement salué par les critiques littéraires de l'époque.
  Mobilisé le 2 août 1914, Alain Fournier part pour Cambo dans le Pays-Basque pour intégrer le 288e régiment d'infanterie à Mirandes, en qualité de lieutenant de réserve il est placé à la tête de la 23e compagnie. en passant par Suippes puis Etain, lui et ses hommes participent à des premiers combats dans le secteur de Verdun. Le 22 septembre un détachement de deux compagnies la 22e et 23e recoivent l'ordre de faire une reconnaissance offensive dans les Hauts de Meuse à vingt-cinq kilomètres au sud-est de Verdun. selon certains témoignages postérieurs il semblerait que la compagnie commandée par le lieutenant Fournier serait arrivée jusqu'à la Tranchée de Calonne (une route forestière reliant Hattonchâtel à Verdun) où il le rejoint le capitaine Boubée-de-Grammont qui prend le commandement et décide d'attaquer l'ennemi. Entendant des coups de feu ils essaient de rejoindre le lieutenant Marien avec ses hommes mais se retrouve face à un poste de secours allemand et qui à ouvert le feu. Pris à revers par des Prussiens à la lisière du bois de Saint-Remy ils sont décimés, tandis que Marien et le reste du détachement est parvenu à se replier. Trois officiers (dont Alain Fournier) et dix-huit de leurs hommes sont tués ou grièvement blessés.
 
  Dans les mois qui suivirent et jusqu'à la fin de la guerre personne ne savait où étaient les soldats, portés disparus depuis le 22 septembre, étaient-ils tous morts ou est ce que certains avaient survécus et capturés. Cependant à l'armistice aucun ne revint ce fut une cruelle désilusion pour beaucoup. Le lieutenant Alain Fournier sera officiellement déclaré mort pour la France en 1920. Les corps des soldats tués seront inhumés dans une fosse commune par les Allemands et sa localisation restera inconnue pendant plus de 70 ans. Des restes sont retrouvés par hasard dans une clairière du bois de Saint-Remy-la-Calonne et identifiés par un habitant du pays en mai 1991. Des fouilles minutieuses ont permis de retrouver ces hommes disparus depuis trois quart de siècles, Sur les 21 corps, deux ne seront pas identifiés. Une stèle à été érigée à l'endroit du combat pour rappeler le sacrifice des 21 soldats français pratiquement tous originaires du Gers tombés ici en septembre 1914. Les squelettes après avoir été éxaminés en laboratoire seront inhumés dans le cimetière militaire français derrière l'église de Saint-Remy-la-Calonne.

fournier

Le lieutenant Alain Fournier (1886-1914) avec l'uniforme du 88e régiment d'infanterie.

cimetière

La nécropole nationale de Saint-Remy-la-Calonne où repose le lieutenant Fournier. (Photo: Aimelaine).

tombe

Sa tombe (F5ZV).