Au cours de cette bataille les troupes franco-britanniques vont mettre en échec le plan "Schliefen", allemand qui prévoyait l'invasion de la France en six semaines avant de se porter sur la Russie. Après quelques succès initiaux dans la fin d'août 1914, sur les frontières et notamment la prise de Mulhouse ou l'offensive sur Sarrebourg, les Allemands vont reprendre l'initiative. Les Français sont obligés de se replier sur des positions plus favorables.
Joffre, est conscient que l'armée française peut encore lancer des contre-attaques victorieuses, même si celà l'oblige d'abord à céder du terrain. Il prévoit une première ligne de résistance sur la Somme et l'Aisne, afin que ses généraux mènent des combats de retardement pour lui permettre la mise en place de ses nouvelles positions.
  Il place la VIe Armée nouvellement créee dans la région parisienne. Sous le commandement du général Monoury, celle-ci se compose essentiellement d'hommes originaires de Lorraine, qui doivent porter un coup d'arrêt à la Iere armée allemande du général von Kluck. Au centre du dispositif le général Joseph Foch prend le commandement de la toute nouvelle IXe armée, qui doit empêcher les Allemands de percer entre les Ve et IVe armées au sud-ouest de la Marne dans la région des marais de Saint-Gond. Joffre demande aussi le concours du Corps expéditionnaire britannique, pour constituer une ligne de défense sur la Marne, afin de se préparer à une contre-offensive aussitôt que le coup d'arrêt soit porté. Les Anglais planifient leur retrait en ordre vers les ports de la Manche, après la défaîte sur les frontières, pour un éventuel réembarquement. Le général Galliéni, alors gouverneur militaire de Paris rencontre Lord Kitchener pour lui proposer une contre-attaque commune généralisée lorsque les troupes allemandes arriveront sur la Marne. Le 2 septembre la 1ere armée allemande de von Kluck infléchit son offensive vers l'Est, sans faire le mouvement d'enveloppement de Paris par l'Ouest comme le prévoyait le plan "Schliefen". La stratégie du général allemand est d'envelopper les cinq armées étalées entres les Vosges et la Brie afin de les contourner par le Sud. La VIe Armée se masse le long de la Marne entre Nanteuil-le-Haudoin et Meaux dans l'après-midi du 5 septembre. Le contact avec l'armée allemande est prit le 7 et se poursuivit jusqu'au 9 septembre, le général Galliéni recquisitionne les taxis parisiens pour envoyer 10 000 hommes de la garnison de la capitale en renfort.
  Le 9 septembre la progression vers le Sud de la 1ere armée de von Kluck est ralentit, tandis que la IIeme armée du général von Bülow située sur la droite continue de progresser. Une brêche de 50km se constitue, ce qui permet à la Ve Armée française et au Corps expéditionnaire britannique d'attaquer les deux armées ennemies en pleine manoeuvres. Le haut-commandement allemand qui ne s'attendait pas à une telle démonstration de force est contraint d'ordonner l'arrêt de ses troupes pour les replier. Le 13 septembre les Allemands se rétablissent sur des positions défensives installées sur leurs arrières. Le coup d'arrêt sur La Marne marque l'échec du plan "Schliefen", mais alors que les forces franco-britanniques avaient mis un terme à l'avancée de l'armée allemande de von Kluck et von Bülow, elles ne purent pas exploiter cette situation pour les refouler hors de France. En effet les forces alliées étaient trop épuisées pour reprendre une quelconque offensive, et les Allemands avaient dès le repli, installés des lignes de défenses sur des points tactivement favorables au Nord, incluant dans un premier temps la stabilisation du front et dans un second temps la manoeuvre connue sous le nom de "course à la mer".

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L'écrivain et poète français Charles Peguy tué le 5 septembre 1914, la veille de l'offensive.

 

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Troupes françaises lors de la Bataille de la Marne.

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L'armée française monte en ligne.

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Les taxis parisiens réquisitionés pour transporter les troupes. Les célèbres "Taxis de la Marne".

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Soldats français du 72e RI tués à Maurupt, à l'Est du chemin de Pargny-sur-Saulx.

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