René Fonck est né le 27 mars 1894 à Saulcy-sur-Meurthe dans les Vosges. Pendant sa jeunesse il deviendra apprenti-mécanicien, il est appelé sous les drapeaux le 22 août 1914, affecté au 11e régiment du génie d'Epinal où il fait ses classes. Au début de l'année 1915 il voit sa demande de rejoindre l'aviation acceptée. Formé comme pilote observateur, le 6 août 1916, il force un Rupler C1 de reconnaissance allemand à atterrir dérrière les lignes alliées. Cet exploit associé à quelques autres victoires, lui vaut sa mutation au Groupe de combat 12 à l'ecadrille 103 appelé "Groupe des Cigognes". Le 30 septembre 1917, dans la région de Dunkerque il abat le pilote allemand Kurt Wissemann, vainqueur environ deux semaines auparavant du capitaine Georges Guynemer. Fonck assure que c'est lui qui à vengé la mort de l'as des as, mais d'autres estiment que cette victoire est à mettre sur le compte de la 56e escadrille britannique du Royal Flying Corps.

  Le Vosgien est un pilote hors paire, il lui arrive d'abattre plusieurs avions en une seule journée, jusqu'à six le 9 mai, puis le 26 septembre 1918, sans être jamais être touché. Il met peu à peu une tactique consistant à surprendre l'adversaire, lui porter un coup décisif au plus près en utilisant un minimum de munitions et de se soustraire à sa riposte. Plus précisément René Fonck n'hésite pas à viser le pilote plutôt que l'avion ce qui conduit en cas de tir réussit à la perte irréversible de l'appareil. Sa forme physique entretenue par une bonne hygiènne de vie, lui permet de supporter les longs vols en altitude et le stress des combats. Pilote très méticuleux il entretient ses appareils, et ammène quelques modifications astucieuses au niveau des systèmes d'opiques et de la ventilation du moteur. Le lieutenant Fonck termine la première guerre mondiale avec tous les honneurs, et une croix de guerre 1914-1918 enrichie de 28 palmes et d'une étoile, ce qui est la deuxième la plus chargée après celle de Charles Nungesser (avec 28 palmes et deux étoiles). Fonck reçut la confirmation pour 75 de ses victoires déclarées. Le nombre de ses autres victoires (les probables), diffère selon les sources. La dernière citation du pilote français était de 75 victoires confirmées et 69 probables soit un total de 144. Le 14 juillet 1919, c'est lui  qui porte le drapeau de l'aviation lors du défilé de la victoire.

  De 1919 à 1924 il est élu député représentant les Vosges. En 1925 Fonck rejoint le projet américain de traversée de l'Atlantique et fait équipe avec l'ingénieur Igor Sikorsky il prend les commandes d'un bimoteur  S-35 sur lequel il demande nombre d'améliorations dont la principale est l'ajout d'um moteur supplémentaire.Après s'être beaucoup entraîné, le 21 septembre 1926, l'équipage Fonck-Curtin-Clavier-Islamoff, fait péniblement décoller le trimoteur, mais avec un mauvais largage du train annexe, un terrain inégal et une surcharge exéssive de carburant conduisent à la catastrophe, l'avion s'écrase en bout de piste. Seuls deux membres de l'équipage, dont René Fonck arrivent à sortir de la carcasse disloquée et de l'incendie de l'avion. Bien que cet accident ne le décourage pas, il désire retenter sa chance sur le S-37, mais avant qu'il puisse être prêt, c'est l'Américain Lindberg qui reussi l'exploit et empoche la prime de 25 000 dollars du prix Orteig. L'état-major de l'armée de l'air le charge en 1935 de rédiger une étude sur l'état de l'aviation de chasse, des méthodes d'apprentissage et des modifications qu'il envisagerait d' y apporter.

  Colonel d'aviation et ancien combattant René Fonck reste fidèle à la figure emblématique du maréchal Pétain "Vainqueur de Verdun", mais également en raison de l'intéret que le maréchal porte à l'aviation militaire. Sans fonctions officielles il entre au gouvernement. Très opposé à Pierre Laval, il est les yeux et les oreilles de Pétain chez les Allemands auprès desquels il à gardé ses entrées. Mais désavoué par le maréchal, il prend peu à peu ses distances avec Vichy. En août 1942, le magazine Life publie la liste noire des "traitres" qu'il faut éliminer, où René Fonck y figure avec Sacha Guitry et Maurice Chevalier. Néanmoins il devient également suspect aux yeux des Allemands par ses interventions aux profits des résistants et son opposition à Pierre Laval. Il est arrêté et interné à la prison de la Santé et libéré sans charges à son encontre en fin d'année sur l'intervention d'Edgar Pisani. Le colonel Fonck à aussi bénéficié d'un certificat de participation à la Résistance signé le 28 septembre 1948 par le commandant Sautereau chef du réseau Rafale. ce certificat porte la mention: << Monsieur Fonck René, membre sans uniforme des forces françaises combattantes à participé en territoire occupé par l'ennemi, aux glorieux combats pour la liberation de la patrie. >>

  Retiré de toute vie publique après la Libération il se consacre à la gestion de son entreprise vosgienne France Engrais. Victime du accident vasculaire cérébral il décède à 59 ans le 18 juin 1953 dans son domicile parisien. Il est inhumé le 23 juin 1953 dans le cimetière de Saulcy-sur-Meurthe, son village natal, en présence de personnalités civiles et militaires.

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René Fonck (1894-1953). (George Grantham Bain Collection "Library of Congress").