Elle désigne les tous premiers engagements militaires de la première guerre, entre les troupes Alliées (belges, britanniques, françaises) et allemandes sur le Front Ouest en 1914. Il s'agit d'une série d'affrontements le long des frontières franco-belge et franco-allemande du 7 au 23 août. Plusieurs zones sont concernées: En premier lieu  dans le secteur de Haute-Alsace avec les batailles de Mulhouse et Dornach, dans les Vosges (bataille de Donon) ainsi que sur le plateau lorrain (batailles de Morhange et Sarrebourg) où les offensives françaises sont repoussées par les Allemands. Puis en second plan dans les Ardennes belges et le sillon Sambre-et-Meuse (batailles de Charleroi et Mons) où les lignes françaises, belges et britanniques sont enfoncées par l'ennemi.

  C'est le général prussien Helmuth Joannes Ludwig von Moltke chef de l'état-major qui prépare et met à jour le plan allemand (qui sera appelé Plan Schlieffen par la suite, du nom du prédécesseur de Moltke). Il prévoit d'une part la concentration des armées allemandes à l'ouest (sept face aux Français et une seule devant les Russes), d'autre part le passage par la Belgique pour déborder largement les fortifications françaises en allant jusqu'au delà de Bruxelle. Les 1ere, 2e et 3e armées constituent l'aile droite de l'encerclement par le flanc qui doivent passer par la rive gauche de la Meuse en Belgique avant de marcher sur Paris, le centre (4e et 5e armées) doit traverser le massif ardennais en s'alignant sur l'aile marchante pour assurer sa protection, tandis que l'aile gauche (6e et 7e armées) doit occuper l'armée française en s'appuyant sur les fortifications d'Alsace-Lorraine.

Le plan XVII de 1913 (applicable à partir du 14 avril 1914) organise la concentration de l'armée française le long des frontières franco-allemande et franco-belge, de Mézières au nord jusqu'à Belfort au sud  : le passage des forces allemandes à travers le sud de la Belgique est pris en compte comme une hypothèse probable. À partir du décret de mise en application du plan, la mobilisation et la concentration ont besoin de quinze jours pour terminer la mise en place des derniers réservistes et de 19 jours pour les unités de la territoriale. Ce plan prévoit la division du corps de bataille en cinq armées, avec sa gauche (la 5e armée) aux débouchés des Ardennes, son centre en Lorraine (3e, 2e et 1re), sa droite face à l'Alsace (un détachement de la 1re) et une armée (la 4e) en réserve. Tout est prévu pour déployer rapidement l'armée, mais le plan XVII n'évoque qu'à peine les opérations postérieures à la concentration. Son principal auteur, le général Joffre, a écrit dans ses mémoires  : « j'étais pénétré de l'idée qu'il était impossible de fixer à l'avance une manœuvre définitive. On ne peut établir un plan d'opération qu'après la mobilisation, quand les choses se dessinent. »  Mais les intentions françaises sont clairement de passer le plus vite à l'offensive, pour éviter l'invasion, pour ne pas perdre l'initiative et parce qu'elle a été promise à l'allié russe. Si les Allemands respectent la neutralité belge, trois offensives françaises sont envisagées successivement en Haute-Alsace (par le détachement de la 1re armée), sur l'est du plateau lorrain (par les 1re et 2e armées) et au nord de la Moselstellung (par les 3e et 5e armées); la 4e armée peut alors soit s'intercaler entre les 2e et 3e pour soutenir l'offensive au centre, soit entre les 5e et 3e pour l'offensive de l'aile gauche]. Si par contre les Allemands entrent en Belgique, la 4e armée doit d'abord se déployer entre les 5e et 3e ; ensuite les 1re et 2e armées doivent attaquer comme précédemment en Alsace et en Lorraine ; enfin les 3e, 4e et 5e armées lanceront leur offensive à travers le Luxembourg belge et le Thionvillois.

  Les victoires allemandes, notamment en Belgique, entrainent à partir du 23 août la retraite de l'aile gauche française et de la petite armée britannique jusqu'en Champagne : c'est la Grande Retraite, qui se termine par la bataille de la Marne en début septembre. En Lorraine, le front se stabilise sur la même période.

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Le général Helmuth-Joannes-Ludwig von Moltke (1846-1916) en 1914. (Agence Roi, Blibiothèque natinale de France).

 

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Général Joseph-Jacques-Césaire Joffre (1852-1931), général en chef de l'armée française en 1914. il est élevé au rang de Maréchal en 1916.

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Field-Marshal John Denton Pinkstone French (1852-1925) premier commandant du corps expédionaire britannique durant la premiere guerre.

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Illustration de propagnade française de la Bataille de Morhange (20 août 1914), contrairement à ce qui est représenté ce sont les Français qui battent en retraite. (Eugène Chaperon - Gallica).

 

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Nécropole militaire de Riche (Moselle) au sud de Morhange, les soldats français tués pendant la bataille seront enterrés par les Allemands dans des fosses. Après-guerre les corps sont exhumés et regroupés pour être ré-enterrer, ceux qui pourront être identenfié sont placés dans des tombes individuelles.

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Prisonniers français traversant Sarrebourg en 1914. (Collection privée de cartes postales).

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22 août 1914, troupes britanniques du 4th Battalion Royal Fusiliers.

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Troupes allemandes place Saint-Lambert à Liège. (Blibiothèque Ulysse Capitaine).